Le collectif LANGUE FRANÇAISE réunit des personnes et des groupements inquiets de la déliquescence de la langue française. Pour l'instant, les représentants de ce collectif viennent de Belgique, du Canada, de France, du Maghreb et de Suisse.

Sa première action a consisté, le 18 juin 2019, à adresser au Président de la République française le manifeste à lire plus bas. Publié par le journal Le Parisien, signé par 100 intellectuels et artistes de 25 pays (liste ci-contre), le manifeste a fait l'objet de citations par une vingtaine de grands médias du monde francophone… et par la BBC anglaise.

Le collectif parraine l'opération en cours à l'occasion du "Black Friday", détaillée ci-après.

Opération "vendredi fou" du 29 novembre 2019

Le collectif LANGUE FRANÇAISE (Belgique, Canada, France, Suisse), et les associations partenaires occasionnelles,  constatent l'impact puissamment néfaste de la langue anglo-américaine. Elle n'étoffe plus le français, mais l'étouffe jusqu'à se substituer à lui comme langue d'usage en terres francophones. Elle dilue nos identités et les valeurs qui s'y rattachent. Pour reprendre le mot de Jean-Marie Rouart, la langue française conjugue esthétisme avec éthique
Le 29 novembre aura lieu, partout dans le monde, l'opération commerciale "Black friday", grande braderie américaine des cultures, notamment francophones. Nous lançons un appel au rejet de cette dénomination, et plus généralement au refus d'acheter aux entreprises collaboratrices.

Voici comment vous associer à cette démarche :

Je partage ce message via les réseaux sociaux et/ou mes contacts @  :

"Le 29 novembre 2019, opération commerciale étatsunienne dénommée Black Friday, je refuse de voir brader ma langue française et ses valeurs à l'empire anglo-américain." 

Je soutiens le conseil donné par le collectif LANGUE FRANÇAISE à toutes les entreprises de la Francophonie d'utiliser l’expression « Vendredi fou » plutôt que l’expression anglo-américaine « Black Friday » comme le recommande le Grand dictionnaire terminologique du Québec (GDTQ) qui  définit ainsi cette journée : « Journée du vendredi qui suit le quatrième jeudi de novembre, date de l'Action de grâce aux États-Unis, au cours de laquelle les commerçants offrent des rabais importants pour marquer le coup d'envoi des achats de Noël ».

Je suis l'avis du collectif qui invite les consommateurs et consommatrices à oublier les commerces qui multiplient l’utilisation de « Black Friday », ou mieux encore à refuser de participer au "Black Friday", grande braderie américaine des cultures.



Associations participantes 
Belgique : Alliance Wallonie France, Association pour la promotion de la Francophonie en Flandre. Canada : Association pour le Soutien et l'Usage de la Langue Française,        Mouvement Impératif français. France : Avenir Langue Française,  Association FRancophonie AVenir, C.o.u.r.r.i.e.l, Défense de la Langue Française Savoie, DIRCAS, Français Force Oblige, Observatoire des Libertés. Suisse : Collectif Suisse Romande



Appel des 100 pour refuser la dictature du tout-anglais


Dans sa qualité, dans son usage même, la langue française sombre en déshérence. Comme tant d'autres langues, et avec trop d'autres cultures, elle se trouve de fait colonisée par l'hégémonie anglo-américaine.

À l'occasion du soixante-dix-neuvième anniversaire de l'appel à la résistance du Général de Gaulle, un collectif composé de représentants de vingt-cinq nations s'adresse au Président de la République française. 

Au chef de l'État premier contributeur de la Francophonie, ce collectif demande de montrer l'exemple de la résistance, plutôt que de collaborer à la colonisation de notre pays.


Monsieur le Président de la République,

 La langue française va mal.  Non plus étoffée mais étouffée par l'anglo-américain, elle voit désormais son usage même évincé par cette dernière langue devenue si peu étrangère. Confrontée à cette invasion, notre mémoire renvoie en écho un passé douloureux de soumission et d'oubli de soi. Une majorité capitulatrice plaidera le réalisme, hermétique aux cris sourds d'une identité enchaînée par une pseudo "langue universelle", en réalité servante d'un maître particulier.
 Le français outragé, le français brisé, le français martyrisé. Mais le français rendu à la dignité si, Monsieur le Président, vous choisissez de suivre enfin la trace laissée par l'esprit de résistance. 
 – Il est demandé au chef de l'État premier contributeur à l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de montrer l'exemple :   en renonçant à l'emploi de l'anglo-américain à l'étranger, quand le  français demeure l'une des deux premières langues d'usage d'une majorité d'organes internationaux ; en renonçant à l'utilisation peu digne de l'anglo-américain en France même, décourageant ainsi nos visiteurs de pratiquer une langue désertée par ses locuteurs naturels. 
 - Il est demandé au chef de l'État : De faire étudier une loi renforçant le dispositif linguistique présent en en rendant notamment l'application contraignante. De rappeler aux autorités judiciaires leur pouvoir de poursuivre les contrevenants à une loi constamment bafouée. De rappeler, immédiatement, les préfets à leur obligation de contrôle de légalité pour les collectivités en infraction, par défaut, avec l'article 15 de la Loi du 4 août 1994.
 - Il est demandé au garant de la Constitution d'interrompre la marche suicidaire vers l'intronisation de la langue anglo-américaine comme seconde langue officielle de la nation ; ainsi devrez-vous mettre un terme au projet sacrilège prétendant dispenser dans les établissements scolaires des cours de matières générales en anglo-américain.

Ce manifeste reçoit des signatures venues de France, mais aussi des francophones du monde entier. Du pays source de la langue commune, la Francophonie attend légitimement le signal fort d'une résistance enfin consciente de l'enjeu.
- Il est donc attendu du chef de file de l'OIF qu'il mette la politique étrangère de la France en accord avec les revendications humanistes de l'organisation, fidèle à la langue des Lumières,  celle de l'égalité et du partage. À cet égard, nous déplorons l'installation au poste de secrétaire générale de l'OIF d'une personnalité rouandaise membre actif d'un régime politique détestable.
- Il est attendu du chef de file de l'OIF qu'il défende l'usage de la langue française, non qu'il le rétrécisse. Les francophones se sont particulièrement émus de votre adoubement, lors du dernier Sommet de la Francophonie, de l'anglo-américain comme "langue d'usage" pour le monde. À en juger par le dynamisme économique d'une majeure partie de l'Afrique francophone, comme par la vitalité économique du Canada francophone, terre de créativité et de haute technologie, leur "langue d'usage" – le français – en vaudrait pourtant d'autres.
 Lors de ce Somment, nous vous avons également entendu ceindre la langue française du titre de "langue de la création". Conviendrait-il déjà que l'État encourageât les appellations françaises pour baptiser nouveaux produits et services créés par toute entreprise revendiquant son aide ; mieux, par toute entreprise où entrent des capitaux d'État. Or il se produit très exactement l'inverse. 
Faute d'avoir su précéder le Québec comme référence mondiale pour la défense du français, du moins sachons nous inspirer de sa pugnacité et abandonner nos comportements serviles. Il y va de notre identité nationale et de l’avenir de la Francophonie.
 Nous vous remercions de l'attention que vous voudrez bien porter à notre requête.
Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à notre haute considération.
langue-francaise2018@laposte.net